L’île de la spiritualité

Ici c’est l’île des pins.

  

Il y a un spectacle plus grand, que la mer, c’est le ciel.
Il y a un spectacle plus grand que le ciel, c’est l’intérieur de l’âme. (Victor Hugo)

L’île des pins en Nouvelle Calédonie est inspirante de par ce qu’elle est mais aussi de par ce que les hommes n’en ont pas fait.
Ce qu’elle est depuis toujours:
belle, calme et très peu peuplée et surtout par une population toujours très connectée avec son environnement naturel.

Ce que les hommes n’en ont pas fait:
Les infrastructures touristiques sont très réduites et donc pas de touristes ou très peu. Grâce… ou malgré… les gros paquebots de croisière, la situation était en train de changer (les touristes visitent l’île mais dorment sur le bateau, ce qui resout le problème des infrastructures) mais le COVID a tout stoppé et pour le moment ça n’a pas encore vraiment redémarré.
Il s’agit d’ailleurs ici de toute la schizophrénie de la situation.
Touristes or not touristes ? Une sacrée question; nous avons passé un moment de rêve sur une ile paradisiaque…
Les locaux surtout la population kanak se contentent de cette situation, mais honnêtement, économiquement, parlant c’est un non sens dont la Nouvelle Calédonie pâtit et on retrouve ce phénomène un peu partout également sur la Grande Terre.

Revenons aux caractéristiques de l’île: la beauté, le calme, les gens et leur culture sont nécessaires pour se plonger en soi, au cœur d’un éveil spirituel… Et en plus ici y a toujours un truc en plus…

En quoi ces caractéristiques sont elles particulières ?

Tout d’abord la beauté et le calme:
c’est évident, c’est la nature qui fait le job et on peut attribuer à part égale la première place du podium à la mer et ses plages ainsi qu’à la végétation omniprésente du centre de le l’île.

Si on commence par cette dernière, elle est totalement englobante… dès qu’on quitte le rivage, mais toujours « bienveillante ».
On n’est pas dans le bush australien ou la jungle thaïlandaise. Je veux dire par là que le climat tropical tempéré de la Nouvelle Calédonie permet le développement d’une végétation luxuriante mais pas aussi étouffante voire oppressante qu’une jungle tropicale classique.
On est plutôt entre une végétation méditerranéenne verdoyante toute l’année complétée par des espèces tropicales.

De plus, et je n’ai rien contre les animaux bien au contraire, mais ici les espèces potentiellement dangereuses sont moins présentes.

 

Ensuite la mer et les plages:
toute l’ile des pins est bordée par des baies, des lagons, et des récifs coralliens qui en plus de fournir la nourriture à des milliers de poissons colorés, produit le sable immaculé, l’eau turquoise et les patates de corail qui permettent au snorkler amateur d’observer la faune et la flore sous marine sans effort

 

Et enfin, si la faible densité de population participe au calme ambiant…
elle reste surtout encore très imprégnée de la coutume des anciens où la nature est vénérée et avec un monde où tout est lié, les vivants, les morts à travers le mythe fondateur.

Le mythe est la parole créative de l’univers kanak qui amène le monde des hommes à l’existence. il est la mémoire du clan, la « parole de vie » pour aujourd’hui et pour le futur.
Le code des relations, les comportements et attitudes qu’un individu doit avoir vis-à-vis de ses frères de la tribu, en un mot, la structure du tissu social est dictée par cette « parole sacrée » qu’inspire le mythe. Pour les Kanak, toute initiative ne saurait aboutir sans l’accord et le soutien des ancêtres.

Les morts transmettent par l’intermédiaire de formes appropriées (plantes, pierres, sculptures, invocations) l’énergie nécessaire à la protection des aliments, des personnes et des objets.
Chaque clan voit ses ancêtres se manifester sous des formes différentes. Les ethnologues ont appelé ces manifestations des ancêtres les « totems ».

Tout ceci crée une culture assez rigide et la vie en société reste très codifiée; le rapport au temps diffère avec le notre et explique à lui seul, la sérénité que dégage l’endroit.

« Pour pouvoir dire qu’on perd du temps, il faut être dans un système où il est reconnu comme une valeur d’en gagner. (Extrait de l’ouvrage « Kanaké, mélanésien de Nouvelle-Calédonie »).

L’inconvénient, si l’on regarde tout ça avec des yeux extérieurs, c’est évidemment une société où le déterminisme, omniprésent, a un impact dévastateur sur l’initiative individuelle.
Mais une fois de plus, est ce un mal ou un bien ?

Personnellement je n’arrive pas vraiment à répondre à cette question… Une chose est certaine et on le voit à Nouméa, cette culture a beaucoup de mal à coexister en harmonie avec la notre.

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Je termine cet article avec un aparté météo, pour mentionner premièrement que quand il pleut en Nouvelle Calédonie,  ce n’est pas un euphémisme, et deuxièmement le phénomène Niña dont j’ai déjà parlé en Australie est vraiment très impactant.

Depuis deux mois, on passe tant bien que mal à travers les gouttes même si nous avons dû pour la première fois changer notre programme (et revenir en urgence du grand Sud) pour éviter d’être coupé du monde.
Mais c’est presque anodin vu l’ampleur et la durée de ce phénomène. Nous en parlerons en détails plus tard dans un prochain article (sacrée histoire qui marquera les mémoires).

Et pour en rajouter une couche, et illustrer la loi de Murphy…

Mais ne vous en faites pas pour nous, le bon sens, jurassien et alsacien, a prévalu et nous sommes installés dans un bel hôtel à Noumea pour fêter Noel … et avec suffisamment d’essence pour rejoindre l’aéroport, direction la Nouvel Zélande pour fêter Nouvel An.

Il a quand même fallut improviser un peu sur la fin !

 

4 réflexions sur “L’île de la spiritualité

  1. Une incursion au pays de la spiritualité ne devrait manquer dans aucun voyage bien conçu …la preuve que le projet fait ses preuves. Je suis heureuse pour vous que vous ayez accroché. Vous le savez vous me manquez et je suis bien souvent en pensées avec vous. Je ne vous raconte rien de mes aventures, car pour moi le temps est révolu des aventures qui seront domestiques ou ne seront pas ! Tendrement à vous !

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