Plus Bob que Usain !

La Jamaïque, ça reste clairement la culture Bob Marley. D’abord tu vois le pire et après arrive le meilleur. Bon je la fait un peu caricaturale et en partie, en anglais…  Je vous laisse quand même un petit lexique personnalisé.

  • « Bro », c’est moi. En entier, il s’agit de Brother : Frère.
    Par exemple, Hey Bro. Want some Ganja, Bro.  L’alternative pour éviter les répétitions c’est Yeah, man! (ça à l’avantage d’être Unisex)
  • Mes filles, c’est « Sister »
    Par exemple, You’r always smiling sister, I like that !
  • « Community », il s’agit du quartier. C’est souvent leur argument pour justifier que ce ne sont pas des magouilleurs. Il y a un autre argument pour attester de leur bonne foi : « I never went to prison !»
    Par exemple, Ask my community, Bro. I’m a good guy. Eh oui … on augmente la difficulté, les mots du lexique se combinent.
  • « Ganja » synonyme de marijuana
    En Jamaîque, le mot est très utilisé. C’est un peu comme Pura Vida au Costa Rica ;D
  • « Respect, Bro », (se prononce ‘respecte’) c’est quand tu l’envoie promener gentiment mais que tu l’as écouté et que tu lui as répondu. Ça s’accompagne toujours d’un check poing contre poing. Par contre, faut l’envoyer promener tout de suite et qu’il ne perde pas de temps avec toi sinon il ne te respecte plus !

Je vous avais prévenu, c’est un peu caricatural. Il n’en reste pas moins que tout le monde m’a dit de me méfier du Brésil (pickpockets), de Cuba (arnaques en tous genres), du Mexique (tous les -jacking possibles et imaginables) mais pour la Jamaïque… vas-y mon gars, éclate toi ! Bon, au départ, il faut reconnaître que je suis bon public. Quel que soit le pays je laisse sa chance au produit. Globalement, ça a toujours bien fonctionné, les gens sont plutôt honnêtes et serviables. Donc Jetons par-dessus bord les préjugés.

Ici, en Jamaïque, (peut être seulement dans les zones touristiques), les arnaques font quand même parties de la culture locale. Tout le monde te parle, s’intéresse à toi mais à la fin, on finit toujours par te taxer un truc. Alors sympa, pas sympa. La discussion commence souvent très bien et ça se termine souvent moins bien.

Deux exemples de discussions; Une où j’étais de bonne humeur et je voulais faire partager l’expérience à mes filles et une où j’étais tout seul et pas envie de perdre mon temps.

Au départ, nous cherchions un distributeur d’argent (ATM) :

  • Hey Bro. Looking for something?
  • Yes an ATM.
  • Bro, don’t go here. I know the best ATM in the city.
  • Ok, tell me. (rappelez-vous, bon public; faut laisser sa chance au produit.)
  • No, Bro. I’ve nothing to do right now. I will walk with you. This is my city. Everybody knows me! I’m 43 and I never went to prison. Do you already have some fruits ?
  • Nooooo ??
  • Ok, I bring you to the best market in town but before let me introduce to my gran-mother. She’s selling souvenirs, the best in town. By the way, Mick Jagger is leaving on the hill and Usain Bolt has a business here, if you want to visit. (un p’tit check coup de poing pour montrer qu’on est pote maintenant)
  • Ok !

Bon je vous passe, l’épisode de la grand-mère. Je vous mets mon dialogue en ligne. Vous arriverez, j’en suis sur, à reconstituer le reste : – Hi. – Good thanks and you. – No, I don’t buy today. – No. –No. –No. – Yes, it’s nice but I told you not today. – No. –No. –No. – Maybe another day – Bye.

Après on est allé voir son super pote qui détient le meilleur resto de la ville; Pour être franc il avait à peine l’air de connaitre mon guide de fortune… Mais bon, nous voilà enfin au marché (toujours pas de distributeur.) 🙂  Alors là notre guide nous l’avait promis c’est du local, un mix entre l’ambiance Maroc/Sénégal mais, toujours, et ça change tout, avec une atmosphère de Ganja et bien sûr une mélodie de reggae au loin.

Nouveau dialogue. Bon je mets les personnages cette fois parce qu’on est trois ! Le vendeur, mon guide David (on est pote maintenant. Il m’a dit qu’il avait deux enfants. Et qu’il devait les nourrir ! Ça m’a rassuré sur son sens des responsabilités. Bon il ne se rappelait pas exactement de leur age, mais ça arrive) et moi.

  • (Vendeur) Hey Bro.
  • (Moi) Hey, I would like a pineapple and 5 bananas.
  • (Vendeur) I prepare the pineapple?
  • Ok ………………….. oups j’ai failli oublier ……………. What’s the price?
  • (Vendeur) What???
  • (David) Don’t worry. We never bullshit here. Yeah, man.
  • (Moi) The price. You know, how much it costs. Dollars!!!!
  • AAHHHHAH the price… 14USD……… et il se met à couper son ananas.
  • (Moi) STOOOOP !!! I don’t pay that price.
  • (David à l’oreille du vendeur) Make him a good price. Yeah!
  • (Vendeur à moi) Ya know. It’s fruit, it’s a lot of work!
  • (Moi) Ok for the pineapple, there may be some work. why not! But the bananas ?
  • (Vendeur) Ya see, ya have to clean the trees, Bro !
  • (David à Inès) This is for you sister, take a banana. … La corruption commence 🙂
  • Etc …

Au bout du compte après 15 minutes, je paie 10 USD pour mon ananas, mes bananes et 5 tomates. (Après vérification, au supermarché ça m’en coûtait 7)
Enfin, ce cher David,  m’amène au distributeur qui me charge 4 USD de frais. (Heureusement que c’est le meilleur de la ville).
Et pour finir, après m’avoir redis 3 fois – No Bullshit, Bro. Il m’a demandé, un tip. Je lui ai donné quelques dollars pour le spectacle qu’il nous a offert involontairement, j’imagine.

Autre jour, autre gars, autre humeur, même histoire…

  • Hey Bro. Looking for something?
  • No.
  • Where are you going?
  • Nowhere.
  • I’ve nothing to do right now. I will walk with you.
  • I’ve already been bullshited yesterday. I’m fine.
  • This is my city. I’m not like the other, you can ask my community.
  • Ok
  • I can drive you wherever you want to go. You don’t pay for nothing.
  • Ok
  • Do you smoke Ganja?
  • It can happen. (Ce n’ai évidemment pas vrai 🙂 )
  • Ok come, we can smoke together.
  • No.

Le gars me propose quand même d’être mon chauffeur, tout en buvant une bière et il n’était clairement pas à son premier buzz de la journée. On termine sur – This is my car. I’ll see you tomorrow! (un p’tit check coup de poing pour montrer qu’on est pote. Tu te fais des amis à une vitesse, ici.)

Bon, on ne va pas se le cacher, c’est amusant les premiers jours mais c’est pour le moment le seul pays depuis qu’on est parti où tu ne peux pas baisser la garde sans y laisser des plumes. Je ne vous parle pas du pêcheur, qui nous aborde, avec qui on parle de pêche et de poissons et qui au bout de 5 minutes me montre Son collier et me dit : « It’s Jamaica colors. Do you want to buy ? » ou de mon prof de tennis qui lors de la pause me dit 3 fois en 10 minutes : « I like your glasses (en espérant, je ne sais quoi). Pour terminer sur un – Ok, you need to pay now. »

Ils restent hyper souriants et ils font la fête tous les jours, surtout la nuit … Mais la vigilance reste de mise et ça empêche quand même un peu une relation non tarifée de s’établir.

Alors nous, on va rester focalisé sur notre objectif initial. Piscine, plages paradisiaques (toutefois moins qu’ailleurs. On a quand même été très mal habitué ces derniers mois), cafés (excellents ici, Blue Mountains obligent !), apéros (toujours pas de vin ;( ) et quelques bons films sur Amazon prime. (Ça fait quand même 9 mois qu’on n’a pas allumé la télé !)

Ça commence à sentir la nostalgie de la maison, tout ça. Je ne vous parle pas des filles qui rêvent de raclette et parlent dans leur sommeil de viande des grisons.

Bon j’y résiste pas … Alors voilà quelques photos pour la route.

10 réflexions sur “Plus Bob que Usain !

  1. Merci pour votre publication … Contente d’avoir des nouvelles et en plus ça doit y aller à papa Dom, toutes ces tentatives d’arnaque !!! Nous avons bien reçu la vidéo des demoiselles d’Echevenex dansant la samba … ou du reggae, ou autre chose ? Mums et moi venons de rentrer après une bonne visite à Grand-Papa. Il semble bien s’acclimater à son nouvel horizon. e vous aime, je vous embrasse et vous dis à bientôt people of my heart !

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  2. Bon, moi j’ai la chance d’avoir eu Papa Dom face à moi alors qu’il tentait de me convaincre de la qualité de son logiciel et qui assurait que j’allais faire l’affaire du siècle. A l’époque, il ne m’appelait pas Brother et n’était pas encore adepte de la fumette. Mais il faut bien avouer que c’était un pur régal de voir jusqu’où il était capable d’aller pour fourguer sa cam.
    Toute ressemblance avec un jamaïcain amateur de Ganja et d’ananas étant bien évidement fortuite…
    Alors Bro Dom, tu check ?

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  3. Salut Dominique ! quel régal de te lire, ça met de bonne humeur…
    je vois que tout se passe bien.
    meilleurs pensées et bonne continuation !

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  4. 😂😂😂😂 non, mais franchement, j ai trop rigolé ! J ai visualisé sans peine… je m y suis presque crue ! Vous l avez savouré l ananas à 10$ j espère.

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